Quand l’insolite devient réalité : le cas d’Adele, cette femme qui a mangé sept canapés
Oubliez les mythes urbains et les challenges viraux. La vie imite parfois l’impossible. Adele Edwards, une femme américaine originaire de Floride, est l’un des cas les plus documentés d’une personne ingérant de la mousse à l’intérieur de canapés et de fauteuils sur une longue période. Cette compulsion alimentaire a duré plus de 20 ans et l’a conduite à consommer l’équivalent de plusieurs meubles entiers au fil du temps. Lors de son témoignage à la télévision, elle a expliqué ne pas pouvoir se contrôler : la texture spongieuse l’attirait de manière irrésistible. “Je ne peux pas m’en empêcher. Je veux arrêter, mais l’envie est si forte,” a-t-elle confié, révélant à quel point cette habitude semblait incontrôlable et bien ancrée dans sa vie.
Ce qui semble absurde est en réalité un trouble nommé “pica”
Les spécialistes identifient ce type de comportement sous le nom de pica : un trouble du comportement alimentaire caractérisé par l’ingestion répétée de substances non alimentaires, sans valeur nutritive, comme de la terre, du papier, des éponges ou — dans ce cas — de la mousse de canapé. Le terme vient du nom de la pie (en latin pica pica), un oiseau réputé pour manger presque n’importe quoi. Ce syndrome est reconnu scientifiquement et figure dans les manuels de psychiatrie comme un trouble bien réel.
Pourquoi certaines personnes sont-elles attirées par des objets non comestibles ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le pica n’est pas une simple “folie” ou une excentricité humoristique. Il peut être associé à :
- Des **carences nutritionnelles** (en fer ou en zinc notamment) qui perturbent les signaux de faim et de satiété ;
- Des troubles psychologiques ou neurologiques qui altèrent le comportement alimentaire ;
- Des états de stress ou d’anxiété chronique ;
- Certaines conditions médicales ou traitements spécifiques.
Dans certains cas, la texture ou la sensation procurée par certains matériaux est décrite comme une source d’apaisement ou de confort, au même titre que d’autres comportements répétitifs ou compulsifs.
Les risques pour la santé sont bien réels
Manger de la mousse, du rembourrage ou d’autres matériaux non destinés à l’ingestion peut sembler anodin au premier abord. En réalité, cela expose à des dangers sérieux :
- Obstructions intestinales — des morceaux de mousse peuvent bloquer le système digestif.
- Exposition à des produits toxiques — les mousses et tissus d’ameublement contiennent souvent des additifs chimiques.
- Lésions digestives — des substances dures ou abrasives peuvent blesser l’œsophage ou l’estomac.
- Complications nutritionnelles — la consommation de matières non nutritives remplace parfois de vrais aliments dans l’alimentation.
Les médecins mettent en garde : ces comportements, même s’ils peuvent sembler “curieux”, ne sont jamais sans conséquences.
Quand l’insolite cache une souffrance — et parfois un isolement
Le témoignage d’Adele révèle un autre aspect souvent ignoré : la honte et l’isolement. Elle a expliqué avoir commencé enfant, puis continué à l’âge adulte, malgré les risques évidents pour sa santé. L’addiction à la mousse était tellement forte que même l’avertissement des médecins ne semblait pas suffisant pour arrêter. Bien sûr, ce cas est extrême, mais il met en lumière une réalité médicale que beaucoup préfèrent ignorer ou tourner en dérision.
Le pica ne se limite pas à la mousse de canapé
Si manger de la mousse de canapé est spectaculaire, ce n’est qu’une expression parmi d’autres de ce trouble. Des personnes souffrant de pica ont été documentées en train d’ingérer :
- Du sable, de l’argile ou de la terre ;
- Du papier, du carton ou du tissu ;
- Des éponges ou du bois ;
- Des substances ménagères non alimentaires.
La variété des objets ingérés montre que le problème ne réside pas tant dans l’objet lui-même que dans la compulsion sous-jacente, qu’elle soit d’origine physiologique ou psychologique.
Pourquoi ces histoires nous captivent-elles autant ?
Il y a une raison profonde à cette fascination. Un comportement alimentaire “anormal” touche quelque chose d’intime : l’acte de manger. Quand quelqu’un détourne cet acte vers des objets inanimés, cela crée un choc cognitif puissant. Nous sommes à la fois choqués, intrigués et curieux de comprendre. Mais au-delà de l’effet immédiat, ces histoires peuvent aussi nous rappeler la diversité des expériences humaines — y compris celles qui nous dérangent ou nous dépassent.
Ce que ce phénomène nous enseigne
Plutôt que de rire ou de rejeter ces témoignages comme des curiosités de foire, il peut être plus utile de se demander :
- Qu’est-ce qui pousse une personne à développer ce comportement ?
- Comment la société perçoit les troubles alimentaires rares ?
- Quels sont les moyens d’accompagnement pour celles et ceux qui en souffrent ?
Car derrière chaque cas insolite, il y a une histoire humaine complexe et souvent méconnue.














