Ces douleurs qui arrivent toujours au même moment
Le scénario est presque toujours identique. La journée s’est bien passée. Votre enfant a couru, sauté, joué, vécu sa vie d’enfant à pleine vitesse. Et puis le soir, au calme, souvent au moment de se glisser sous la couette, il dit : "J’ai mal aux jambes." Pas une petite gêne. Une vraie douleur. Assez forte pour retarder l’endormissement. Assez insistante pour vous inquiéter. Et surtout, elle revient régulièrement. Ce n’est pas un choc. Pas une chute. Pas une blessure visible. Juste une douleur qui apparaît, souvent dans les mollets, parfois dans les cuisses, et qui disparaît comme elle est venue. C’est précisément ce tableau qui correspond à ce que l’on appelle communément les douleurs de croissance.
Les douleurs de croissance existent vraiment (mais pas comme on l’imagine)
Le terme est connu, mais souvent mal compris. Oui, ces douleurs existent. Non, elles ne sont pas causées directement par les os qui s’allongent. En réalité, les spécialistes parlent plutôt de douleurs musculaires liées à la croissance. Lorsque votre enfant grandit, plusieurs choses se produisent en même temps :
- Les os s’allongent rapidement.
- Les muscles et les tendons doivent s’adapter à cette nouvelle longueur.
- L’activité physique intense de la journée crée des micro-tensions.
- Le relâchement du soir révèle ces tensions accumulées.
Résultat : la douleur apparaît au repos, et non pendant l’effort. Et c’est ce détail qui change tout.
L’âge typique où ces douleurs apparaissent
Ces douleurs concernent surtout les enfants entre :
- 3 et 5 ans
- 8 et 12 ans
Deux périodes clés où la croissance peut être particulièrement rapide. Si votre enfant se situe dans cette tranche d’âge, et que les douleurs apparaissent le soir, de façon intermittente, sans autre symptôme, vous êtes très probablement face à ce phénomène. Et vous n’êtes pas seul. Cela concerne près d’un enfant sur trois.
Pourquoi la douleur se situe souvent dans les mollets ou les cuisses
Ce n’est pas un hasard. Les muscles des jambes sont ceux qui travaillent le plus toute la journée :
- Marcher.
- Courir.
- Sauter.
- Grimper.
Ils subissent une sollicitation permanente. Lorsqu’ils doivent en plus s’adapter à une croissance osseuse rapide, ils deviennent plus sensibles aux tensions. C’est cette combinaison qui crée l’inconfort du soir. Et cela explique pourquoi le matin, votre enfant n’a plus mal du tout.
Ce signe qui rassure immédiatement les médecins
Il y a un critère très simple qui permet de différencier une douleur de croissance d’un problème plus sérieux. Le matin, tout a disparu. Votre enfant court, saute, vit normalement, sans aucune gêne. Une douleur qui empêche de marcher, qui persiste dans la journée, ou qui s’accompagne de gonflement, de fièvre ou de boiterie n’est pas une douleur de croissance. Mais une douleur uniquement le soir, qui disparaît totalement après la nuit, correspond parfaitement au tableau classique.
Pourquoi ces douleurs inquiètent autant les parents
Parce qu’elles sont intenses. Parce qu’elles reviennent. Parce qu’on ne voit rien. Et l’absence de cause visible est souvent plus anxiogène qu’une blessure identifiable. Vous avez l’impression de ne pas comprendre ce qu’il se passe. Pourtant, le mécanisme est très fréquent et bien connu des pédiatres. Le corps de votre enfant travaille énormément, même lorsqu’il dort.
Comment soulager immédiatement votre enfant
La bonne nouvelle, c’est que ces douleurs répondent très bien à des gestes simples.
- Un massage doux des mollets ou des cuisses.
- Une bouillotte tiède sur la zone douloureuse.
- Des étirements légers avant le coucher.
- Un bain chaud en fin de journée.
Ces gestes détendent les muscles qui ont accumulé les tensions de la journée. Et souvent, la douleur s’estompe en quelques minutes.
Le rôle surprenant de l’activité physique
Ce n’est pas l’activité qui pose problème. C’est l’absence d’étirements après l’activité. Les enfants courent toute la journée… mais ne prennent jamais le temps de relâcher les muscles. Instaurer un petit rituel de 3 minutes d’étirements le soir peut réduire fortement la fréquence des douleurs. C’est simple, efficace, et très rassurant pour votre enfant.
Faut-il consulter un médecin ?
Dans la majorité des cas, non. Mais consultez si :
- La douleur persiste le matin.
- Votre enfant boite.
- La douleur est localisée toujours au même point précis.
- Il y a un gonflement, une rougeur ou de la fièvre.
Ces signes ne correspondent pas aux douleurs de croissance classiques. En leur absence, vous pouvez être serein.
Pourquoi ces douleurs surviennent souvent après une journée très active
Plus la journée a été intense, plus les muscles ont travaillé. Et plus ils seront sensibles le soir. Les jours de parc, de sport, de sortie scolaire sont souvent suivis de douleurs nocturnes. Ce n’est pas une coïncidence. C’est un indicateur très clair.
Le lien méconnu avec le sommeil
Le pic de sécrétion d’hormone de croissance a lieu la nuit. C’est pendant le sommeil profond que le corps grandit le plus. Et c’est justement à ce moment que les tensions musculaires se manifestent. Ce n’est pas le hasard. C’est la physiologie.
Ce que ressent votre enfant (et qu’il a du mal à expliquer)
Il ne sait pas dire "j’ai une tension musculaire liée à ma croissance". Il dit juste : "J’ai mal aux jambes." La douleur est diffuse. Difficile à localiser. Parfois dans les deux jambes en même temps. C’est typique.
Ce petit rituel du soir qui change tout
Beaucoup de parents constatent qu’un rituel simple suffit :
- Massage.
- Moment calme.
- Chaleur.
- Parole rassurante.
Ce moment détend à la fois le corps et l’esprit. Et la douleur passe plus vite.
Est-ce que cela signifie que votre enfant est en train de grandir ?
Très souvent, oui. Ces périodes de douleurs correspondent souvent à des phases où vous remarquez quelques semaines plus tard qu’il a pris plusieurs centimètres. Ce n’est pas systématique, mais la corrélation est fréquente.
Le mot de la fin
Ces douleurs impressionnent, inquiètent, surprennent. Mais elles sont dans la grande majorité des cas normales, temporaires et sans gravité. Elles sont le signe d’un corps qui évolue vite, qui s’adapte, qui grandit. Et avec quelques gestes simples, vous pouvez transformer ces moments d’inquiétude en instants rassurants, presque tendres, qui accompagnent votre enfant dans cette grande aventure qu’est la croissance.














